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MUSIQUE FRANCAISE DU XXème SIÈCLE

L'œuvre

Le catalogue d’Émile Goué comprend une quarantaine d’œuvres (dont la majorité fut composée en captivité) qui comporte, par tiers, des pièces pour piano, pour voix et instruments, et orchestre auxquelles s’ajoute un drame lyrique : WANDA

L'ASSOCIATION DES AMIS D'ÉMILE GOUÉ A POUR BUT DE PROMOUVOIR L'ŒUVRE D'ÉMILE GOUÉ
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ÉMILE GOUÉ: SON ESTHÉTIQUE   
Pour Émile GOUÉ, la musique n'était pas un divertissement, un jeu gratuit, mais l'expression même de sa vie intérieure.

"Je prends toujours ma musique très au sérieux, écrivait-il, je hais l'ironie. Sans conviction, il me paraît impossible de faire grand ; cette conviction que l'artiste doit apporter à son travail n'est autre que la croyance en la nécessité de ce qu'il écrit".

"Faire grand", telle était en effet l'ambition d'Émile GOUÉ, mais en ne sacrifiant rien au côté formel de son art par intrusion d'éléments extramusicaux. S'appuyant sur les leçons du passé, tout en ne négligeant aucune des conquêtes harmoniques contemporaines, Emile GOUÉ s'est attaché à se définir un style dont, par dépouillements successifs, il parvint à faire la synthèse en une véritable doctrine qui vit le jour en captivité.

Cette doctrine peut se résumer ainsi :

Affirmation de la tonalité que Emile GOUÉ estimait nécessaire au tempérament français, par tradition ; mais tonalité élargie allant jusqu'à la polymodalité, d'apparence atonale, où subsiste latent, le sentiment d'une tonique, repère pour la sensibilité.    Prédilection pour l'écriture contrapuntique, dont les ressources infinies permettent une multitude de combinaisons des thèmes.    Forme classique d'esprit, d'abord bi thématique puis -par besoin d’unité, et à l'exemple de J. S. BACH- monothématique avec un seul thème générateur engendrant toute l'œuvre.

Ces préoccupations architecturales se firent de plus en plus impérieuses dans ses dernières œuvres (quintette, IIIème quatuor, prélude aria et final...) qui atteignent ainsi au "Grand Sujet" par des moyens essentiellement formels, sans toutefois que soit étouffés le lyrisme et le sens épique dont Émile GOUÉ était généreusement pourvu. Bien au contraire, il semble que ce lyrisme prenne appui sur les cadres rigides que s'imposait le compositeur, pour atteindre son épanouissement. Musique donc lourde de sens musical et dramatique, puisque, basée sur une technique solide, elle est l'expression d'une vie intérieure intense.

C'est cette vie intérieure, ce sentiment de nécessité, qui confère au message d'Émile GOUÉ un accent d'authentique originalité. Univers âpre, inquiet, où l'homme semble chercher sa voie à tâtons, angoissé par son destin, mais parfois illuminé d'un rayon d'espérance. S'il fallait un équivalent pictural, c'est à ROUAULT qu'il faudrait penser, à ces faces exsangues, cernées de noir, qui crient leur désespoir dans un monde incendié.

Voici l'opinion de Charles KOECHLIN dans un article paru dans Contrepoints (décembre 1946):

"... C'est avant tout un sensible, un lyrique. Cependant il garde un constant besoin d'ordre : cartésien dont l'art ne s'abandonne pas à la fantaisie de l'improvisation... C'est infiniment sérieux, âpre souvent, étrange même, parfois assez austère, tragique aussi. Mais à l'occasion il atteint une réelle beauté (ainsi pour l'andante de la Sonate piano-violon). J'ai déjà parlé de l'émotion qui se dégage d'un psaume écrit en captivité. Nul doute qu'une pareille émotion ne se dégage également de plusieurs autres de ses œuvres. Ce n'est pas, même, un adroit charmeur. Il y a souvent chez lui quelque chose de fruste. Mais c'est un être vivant, qui aime, qui souffre, qui a pitié...

Philippe GORDIEN
L'art a pour mission d'aider l'homme à vivre, c'est à dire à accomplir son destin
« On me demande souvent si tel ou tel évènement important serait capable de m’inspirer. Je réponds invariablement : Non, je fais exprès de ne pas me laisser influencer par les circonstances extérieures. C’est trop facile, et l’œuvre ainsi créée est trop anecdotique, sans valeur universelle ».